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Depuis quelques jours, plus de 75000 notices publiées dans Calames[*] sont interrogeables depuis le portail du Consortium européen des bibliothèques de recherche (CERL Portal).

Il s’agit là de la première expérience de moissonnage OAI des données Calames, dont certains contenus EAD ont été transformés en Dublin Core[**] et mis à disposition dans un réservoir OAI. Les mises à jour se feront à intervalles réguliers. D’autres projets de fédération de données sont envisagés, par protocoles OAI-PMH (avec OAIster, l’un des éléments de la nébuleuse Worldcat) ou SRU (pour une interrogation en temps réel).

Le portail du CERL représente l’une des interfaces les plus prometteuses en matière de recherche fédérée (OAI et Z39-50) sur les données patrimoniales des bibliothèques. De nombreuses bases sont interrogeables (de manière stabilisée, ou en cours de test) : d’autres grands catalogues de manuscrits tels que Manus (catalogue de manuscrits mis en oeuvre par “l’ABES italienne”, l’ICCU), Kalliope (autographes et manuscrits littéraires allemands), Manuscriptorium (Europe centrale), la base des manuscrits modernes de la BN d’Australie… mais aussi plusieurs bases de référence en matière d’imprimés antérieurs à 1830 (notamment Hand Press Book, la première grand oeuvre du CERL ; mais aussi VD17, ESTC…). Bref, c’est un peu le KVK du patrimoine, avec des fonctionnalités plus fines.

Cette récolte automnale vient concrétiser l’un des volets de l’accord conclu en 2008 entre l’ABES et le CERL. Y figurait également l’accès professionnel à la base Hand Press Book (dont l’alimentation est l’un des principaux chantiers du CERL) pour huit bibliothèques patrimoniales du réseau Sudoc (par ailleurs déployées dans Calames).

[*Notices = composants dotés d'un <unitid> @type='cote' (ou 'cote_actuelle" dans les données CGM). On ne comptabilise pas les divisions.]
[** Actuellement ce sont 21 types de balises EAD qui alimentent 12 champs Dublin Core distincts : Titre,  Cote, Notes (comprendre : Organisme responsable de l'accès intellectuel ; Fonds/collection), Personne(s), Sujet(s), Description physique, Année, Langue, Sommaire, Droits, Type de document. Tous ne sont pas affichés.]

Suite et fin de l’épisode Calames cherche un nouveau patron : le poste est à nouveau à pourvoir par un conservateur. Le profil est désormais sur l’application Poppée du ministère.

Note de l’équipe Calames. Nous avons souhaité ouvrir ce blog aux établissements qui composent le réseau Calames. La Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet inaugure ce nouveau genre. Voici le premier post de la saga Doucet, épopée EAD ! Sophie Lesiewicz, conservateur à Doucet, en est l’auteur.

Depuis mars 2009 et la V2 de Calames, la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet a dévoilé au monde le nouveau visage de son catalogue des manuscrits.

Plus qu’un moyen de diffusion de ce catalogue, Calames en a permis la conception. Techniquement, bien sûr, à travers la reprise des données PALME[1], mais, d’abord intellectuellement, parce que l’usage de Calames induit un regard introspectif sur l’organisation et la gestion des manuscrits de l’établissement et un travail historique sur la constitution des collections. Cette première étape, en permettant de bâtir la structure du catalogue tel qu’il apparaît dans Calames, a aussi été l’occasion de redéfinir clairement le contour des collections. La BLJD dans Calames, c’est donc une nouvelle visibilité, mais aussi une nouvelle lisibilité.

Trop souvent hélas, quand on ne la confondait pas avec la Collection Jacques Doucet de l’INHA, on la qualifiait de « Fonds Jacques Doucet », ce qui est doublement erroné s’agissant d’une entité initialement constituée, non par un fonds organique, mais par une collection savamment élaborée, puis par des acquisitions raisonnées. De manière tout à fait contradictoire, la BLJD apparaissait enfin à d’autres comme un assemblage hétéroclite de fonds virtuels.

Ces confusions étaient induites par l’absence de structuration du catalogue des manuscrits de la bibliothèque. Tout d’abord, il n’est que depuis peu en cours d’informatisation (livraison des données PALME en EAD en 2007, rétroconversion des manuscrits XIXe siècle et récemment inventoriés toujours en attente de financement). Mais surtout, il est le reflet de l’ancienne approche des fonds et archives dans les bibliothèques, à savoir un traitement des manuscrits pièce à pièce, sans contextualisation et sans respect de l’intégrité des fonds. On avait ainsi porté atteinte à certaines collections pour en extraire un « fonds » artificiel. C’était le cas du « fonds » Aragon, qui appartient en fait à la Collection de Jacques Doucet, ou du « fonds » Eluard, qui provient de la Collection de Lucien Scheler. Des « fonds » virtuels ont aussi été construits à partir de composants du fonds général et de prélèvements dans d’authentiques fonds, tel les « fonds » Max Jacob, Jarry, Mallarmé ou Baudelaire.

La 1ère page du 1er livre d'inventaire de la bibliothèque

La 1ère page du 1er livre d'inventaire de la bibliothèque

Avec l’EAD, à travers Calames, qui permet enfin une description hiérarchisée, il ne fallait pas manquer l’occasion de repartir sur des bases nouvelles. Il importait de ne pas seulement hériter d’un répertoire d’auteurs issu de la rétroconversion en EAD des données PALME, mais de se l’approprier pour le mettre en adéquation avec la réalité des collections[2]. L’enjeu était de se doter d’un instrument de recherche, mais aussi de gestion, structuré de manière à pouvoir être enrichi en respectant la logique de fonds qui s’impose désormais à la BLJD.

Un travail de reconstitution historique et d’archéologie des fonds, à travers les livres d’inventaire et les archives de la bibliothèque, a donc été entrepris. Il a permis de retrouver un fonds général et des fonds spécifiques, la difficulté étant de les démêler en s’en tenant strictement à des critères archivistiques (producteur, provenance). Il a surtout fait surgir la Collection de Jacques Doucet, considérée depuis des années en mythe fondateur de la bibliothèque qui porte son nom, sans que les contours en aient été délimités. Une fois celle-ci reconstituée, le catalogue retrouvait sa cohérence et la BLJD son assiette.

A suivre : L’intégration épique de 36 000 Wild Palms dans Calames


[1] une aventure dont la BLJD avait déjà ébauché le récit aux journées de l’ABES 2008 (cf billet 2 !)

[2] Et ce avant même de tâcher d’exploiter les potentialités de l’EAD et de corriger les imperfections d’une rétroconversion de masse (cf billet 2)

L’ABES recrute par voie de mutation un conservateur des bibliothèques pour occuper la fonction de responsable fonctionnel de Calames.

Capitol theatre, Sydney c. 1930s / by Sam Hood

Capitol theatre, Sydney c. 1930s / by Sam Hood

Calames étant un jeune réseau, il s’agit de conduire une application nationale à taille humaine. De ce fait, ce poste présente à la fois un profil technique et un profil de gestion. Il s’agit bien sûr d’organiser la vie de l’application et de l’équipe Calames (bugs, assistance, documentation, évolutions des fonctionnalités, extension du réseau…), mais également de mettre la main à la pâte (conception et rédaction des règles de catalogage, traitements en masse sur les données…).

Ce poste suppose donc un profil polyvalent, un intérêt pour pour les manuscrits et les archives, un goût pour les normes de catalogage (EAD), une curiosité pour l’informatique documentaire (XML, Bases de données). Il exige également un sens du dialogue et de la négociation, car Calames est, depuis sa conception, étroitement associée à un groupe de travail représentant les établissements pionniers.
Pour tout renseignement, contactez le directeur de l’Agence.

MAJ du 5 février 2010 : suite à des péripéties ici tues, ce poste de responsable Calames n’a pas été pourvu en janvier 2010. Il sera donc proposé à nouveau à la CAP Conservateurs de printemps 2010, pour une prise de fonctions en septembre 2010.

Le BBF (Bulletin des Bibliothèques de France) vient de faire paraître un nouveau numéro sur le patrimoine. Au sommaire, entre autres articles, un papier sur Calames par l’auteur de ce post.

Le papier en question s’intitule “Calames, et après ? Un catalogue de manuscrits, quatre leçons et mille mashups“. Promis, cette fois, on vous épargne une énième présentation du catalogue et ses fonctionnalités. L’idée est plutôt de prendre un peu de recul, de méditer impatiemment (c’est possible !) sur ce qui a été fait et surtout, implicitement, sur ce qui reste à faire, pour Calames.. ou d’autres catalogues. Les diagnostics, les suggestions et les notes de bas de page n’engagent que l’auteur.

Si vous avez des remarques à faire sur l’article, pourquoi ne pas le faire ici-bas, je veux dire, dans les commentaires de ce post ?

PS : les copies d’écran rendent très mal (euphémisme). J’espère que la version papier est moins insoutenable…

Le 7 novembre dernier, s’est tenu à la BnF (Paris) le séminaire du CERL, qui est le Consortium of European Research Libraries.

cerllogoblack-trCe fut l’occasion, une fois de plus, de présenter Calames, mais, cette fois, devant un public plus international et moins “bibliothécaire”. Un prochain billet reviendra sur cette journée. Pour l’instant, je voulais signaler la mise en ligne des diaporamas sur Slideshare. Les diapos sont en Anglais et reprennent en grande partie ce que mon collègue Aurélien Charot avait présenté à San Francisco, lors du Congrès des Archivistes Américains en août 2008 (SAA 2008).

On n’y verra rien de bien neuf, si ce n’est deux deux copies d’écran qui évoquent les deux chantiers actuels de l’équipe Calames :

  • la possibilité pour le lecteur authentifié de déposer des annotations et la possibilité pour n’importe qui de suivre les annotations des autres (via un fil RSS) ;
  • la visualisation des manuscrits numérisés sur le site Calames, quand les documents ne sont pas accessibles ailleurs.

A noter que ces copies d’écran ne montrent pas ces fonctionnalités dans leur état final, notamment du point de vue graphique. Nous reviendrons, dans de prochains posts, sur chacun de ces développements.

J’en profite pour corriger un oubli en indiquant une autre présentation de Calames, effectuée par Max Naudi de la Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique (Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche – DGES). Max fait partie du groupe de travail qui a imaginé Calames avec l’ABES. C’est l’occasion de le remercier pour son importante contribution à ces travaux de groupe et pour ses diaporamas présentés lors des onzièmes journées des pôles associés de la BNF, en mars 2009. Mais, je rassure ceux qui auront vu dans mon hommage un adieu, Max est toujours parmi nous : lundi, on a Visio…

Le 27 juin dernier s’est tenue une journée d’étude sur le Web sémantique, à l’initative du cabinet de consultants Tosca et de l’Aula. On peut trouver sur le blog de Liberlibri un résumé riche et vivant de cette journée vivante et riche.

Dans ma présentation, j’ai essayé de fantasmer d’imaginer ce à quoi ressemblerait un Web of data à l’échelle de l’ABES, puis de l’enseignement supérieur, en connectant les corpus de métadonnées du Sudoc, de Calames, de Star, des ressources scientifiques ou pédagogiques produites par les universités… Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? J’ai profité de la présence de grandes institutions comme la BnF et les Archives de France pour suggérer une interconnexion de nos bases de données respectives, grâce aux technologies du Web sémantique et à l’esprit du modèle Linked data. Cela n’a rien d’original ni de fantasmatique : c’est la suite naturelle d’une entreprise comme celle du CCfr, à ceci près que :

  • il ne s’agit plus de juxtaposer des notices (logique de la recherche fédérée), mais d’agréger des métadonnées au niveau plus fin du triplet RDF (c’est-à-dire au niveau des affirmations élémentaires du genre Ceci a-pour-sujet cela ) ;
  • il ne s’agit plus d’ériger une interface en portail exclusif, mais de connecter des bases de données sans préjuger du point d’entrée dans ce réseau de métadonnées liées entre elles ;
  • la mise en relation de catalogues de bibliothèques français n’est qu’une étape vers une mise en relation plus globale, au-delà du périmètre national et au-delà du périmètre bibliothéconomique. A moins que ce ne soit l’inverse : c’est peut-être en faisant l’effort de s’articuler sur de grands corpus globaux que les institutions françaises parviendront, indirectement, par transitivité (pour être pédant), à s’articuler entre elles. Ainsi, on pourrait conclure que le Goethe-du-Sudoc et le Goethe-de-la-BnF sont identiques parce que chacun d’entre eux serait déclaré identique au Goethe-de-DBpedia. Mais ce serait tout de même un paradoxe qu’il faille Wikipedia-DBpedia ou OCLC pour connecter le Sudoc et le catalogue de la BnF…

Quoi qu’il en soit, pour commencer, à chacun de travailler son lopin. De notre côté, cela veut dire poursuivre la mise aux normes RDF de Calames.

Le 19 juin, à l’enssib (Villeurbanne), dans le cadre d’une formation générale à EAD pilotée par Fabienne Queyroux (Bibliothèque de l’institut de France), nous avons fait une présentation de Calames sous l’angle “données” : que faire de ces métadonnées EAD ? quelles exploitations variées peut-on imaginer ? EAD n’est qu’un format. C’est un instrument de libération des données, qui doit leur permettre de se métamorphoser en interfaces et services Web multiples, qui pour beaucoup restent encore à inventer. Ce n’est pas une cage XML dont elle ne devrait pas sortir.

La dernière journée de ce stage était consacrée aux utilisations des données EAD. Au programme étaient également prévues une intervention de Florent Palluault (BnF) sur la rétroconversion du CGM et le volet Manuscrits du CCfr ; et une intervention de Florence Clavaud (Ecole nationale des Chartes) sur les divers outils pour produire ou exploiter de l’EAD.  Que du premier choix !

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