Ce 12 juin 2012, avec la mise en production des services de dépôts d’images et de commentaires adossés à des notices publiques de Calames, marque la fin d’une longue phase de gestation. Le nom de code de l’opération ("Calames Plus") témoigne du caractère spécifique de ce nouvel ensemble : il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle version (2.4 ou 3.0), mais d’une extension et d’un enrichissement des fonctionnalités déjà existantes.
Le présent billet, premier d’une série qui s’échelonnera dans le courant des semaines à venir, se concentrera sur le dépôt et l’association d’images à des notices.
En mettant à disposition des espaces serveurs de l’ABES spécifiquement dédiés à des fichiers images numériques, le volet "Calames Plus Images" vise à faciliter et développer l’interpénétration entre deux sphères d’activités documentaires qui se sont souvent trop ignorées mutuellement depuis 20 ans, à savoir description et numérisation. Le service images a été prioritairement conçu comme une solution d’appoint, de recours secondaire ou ultime, pour des fichiers qui n’auraient pu être mis en ligne (faute de bibliothèque numérique dans l’établissement par ex.), ou dont l’accessibilité au sein de l’application Calames prend un sens particulier (si Calames est le seul et unique site de signalement des documents par ex.). Que la numérisation ait historiquement été absente des missions de l’ABES n’est pas peu responsable de cet état de choses, mais c’est là une autre et vaste question.
Parallèlement à Calames Plus Images, le réseau Calames ne doit pas perdre de vue les autres solutions d’interfaçages possibles entre des inventaires Calames et des documents numérisés, à savoir :
- la génération de simples liens cliquables (balises recommandées disposant de l’attribut HREF) [exemple]
- la génération de vignettes + rebonds (utilisation des éléments <daogrp><daoloc>, si et seulement si les liens utilisés pointent vers une adresse aisément citable d’image(s) disponible(s) en ligne de manière stable) [exemple]
- la possibilité d’établir une correspondance systématique entre les notices d’un établissement et une bibliothèque numérique d’une certaine taille, solution de type API (interface de programmation) jusqu’alors utilisée pour lier Calames à la base Liber Floridus [exemple]. Dans ce cas comme dans celui des dépôts Calames Plus, il n’y a pas d’impact sur le code EAD des inventaires : ce qui pourra être regardé tantôt comme un avantage, au regard des risques de changements d’URL au sein des bibliothèques numériques ; tantôt comme un inconvénient, si l’on souhaite utiliser des inventaires articulés avec des images numérisées dans plusieurs environnements à la fois.
Dans une prochaine version de l’interface Calames (v 3.0), l’ABES s’efforcera de rassembler dans un même index, d’une part les notices publiées avec des <dao> et <daogrp> (en principe héritables), et d’autre part les notices sous lesquelles l’interface publique renvoie vers un répertoire Calames Plus Images ou répond à un mashup de type Liber Floridus. Un tel ensemble deviendrait exploitable publiquement sous forme d’un filtre "documents numérisés seulement".
Au tour du réseau Calames désormais de faire connaître à l’ABES ses projets de dépôts d’images. Deux établissements ont déjà commencé à effectuer des dépôts de test : le Musée Curie et la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet (cf. infra ; et merci à Natalie Pigeard et à Sophie Lesiewicz pour leur contribution et pour leur patience, car la préparation et le traitement des images peut être relativement long et fastidieux). Sous réserve d’une acceptation de la convention Calames Images, et après avoir fixé les caractéristiques principales du dépôt (poids total des fichiers jpg et/ou gif, nombre de cotes impactées, nombre de fichiers zippés à charger…), l’ABES ouvrira un compte Calames "premium" à l’usage de l’institution déposante. Ce compte servira d’abord et avant tout à confier les ensembles à traiter (tuilage des images par l’outil zoomify, création de chemins d’accès simples ou plus élaborés en cas de cumuls d’images sur plusieurs niveaux). La seconde fonctionnalité, "Supprimer des images", ne devra pas être employée comme on emploie d’autres fonctionnalités professionnelles (exporter ou publier un fichier EAD par ex.) : l’interface de suppression est éminemment perfectible et il sera vivement recommandé de ne pas en faire emploi sans que l’équipe Calames n’en soit au minimum avertie. Rappelons enfin que la convention Calames Images actuelle n’entraîne pas de facturation : aucun des dépôts convenus et effectués jusqu’en juin 2013 (au moins) ne sauraient être soumis à facturation. Il n’en reste pas moins qu’un service aussi léger ne saurait tenir le choc de dépôts vraiment massifs : pas plus de quelques Go par établissement serait une moyenne de bon aloi.
Différents types de dépôts d’images peuvent être imaginés et distingués :
- signaler plus complètement des collections iconographiques. Il y a fort à parier qu’une des raisons des retards de signalement du patrimoine graphique (retards plus accentués que pour le patrimoine écrit) tient à l’impossibilité de compléter la description et l’identification d’un dessin, d’une photographie… par une appréhension visuelle et directe du document. Dans ce cas précis, une prévisualisation sous forme de vignette cliquable est bien plus qu’une coquetterie ornementale : c’est une information essentielle et souvent peu soluble dans la langue du catalogueur. Ce qui ne doit pas dispenser, bien entendu, de donner toute la richesse souhaitable aux métadonnées descriptives stricto sensu ; ni de réfléchir à des formes d’indexation adaptées (ex. thésaurus Garnier ou Iconclass).
Les dépôts effectués par le Musée Curie sont un modèle du genre : à chaque image sa notice, à chaque notice sa cote, et à chaque cote son répertoire dans Calames Plus (voir la quasi totalité des notices enfants de
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-2010620236553121
). Les images déposées n’ont pas été dégradées mais comportent un filigrane, afin de respecter le souhait des ayant-droit – une précaution en valant mieux qu’une, puisque si le tuilage des images rend difficile la copie directe de la qualité d’origine des images, à un hacker vaillant cela ne serait pas tout à fait impossible.

Marie Curie en 1903
Source : Musée Curie, coll. ACJC, cote 89.
(Notice consultable à l’adresse : http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-2010111119118477780)
- donner accès à des images libres de droits, quand une (autre) partie des images numérisées par un établissement n’est accessible qu’en interne en raisons des droits d’auteurs. C’est le parti qu’a pris la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet en donnant accès aux reproductions de certains documents de la collection J. Doucet (dessins et manuscrits de Paul Verlaine, manuscrits de Huysmans, de Radiguet, etc. ; exemple), tandis que l’intégralité des numérisations n’est disponible que dans l’enceinte de l’établissement.

"Actualités politiques…" (1875)
Dessin provenant de la correspondance de Paul Verlaine avec Ernest Delayahe.
Source : Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, cote 7203 (158).
(Notice consultable à l’adresse : http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-20115261653838212).
- permettre une autre forme d’accès à des images par ailleurs accessibles dans d’autres contextes. Bon alibi : tirer parti de fonctionnalités originales telles que le cumul d’images, dispositif qui permet d’exploiter à l’envers la logique de hiérarchisation des données sur plusieurs niveaux EAD. Rien n’exclut a priori la pertinence d’un dépôt d’images "redondant" avec une mise en ligne dans un autre contexte. En revanche, vouloir mettre des oeufs dans différents paniers de conservation serait une justification plus contestable, car Calames Images n’offre absolument rien des services d’un véritable circuit d’archivage pérenne.
- autre exemple d’appropriation possible du service : déposer une partie seulement des images reproduisant un document, de manière à mettre l’accent sur tels aspects jugés essentiels. L’absence de possibilité de légender les vignettes et/ou les images visualisables pourrait représenter un handicap. Parmi les palliatifs ou pistes de développements envisagés en direction de la gestion professionnelle et de l’accès aux images, qui ne manquent pas, on peut mentionner : pouvoir déposer non seulement des lots d’images mais des fichiers pdf ; proposer un nouvel export de fichier afin de générer une arborescence de répertoire d’après l’existant des <unitid> publiés ; etc. Exemples symptomatiques des points sur lesquels l’ABES n’exclut pas de mettre l’accent si Calames Plus, dans le courant de l’année à venir, se voyait un tant soit peu plébiscité par les usagers (professionnels ou non) en tant qu’entrepôt numérique.
Lorsque plusieurs images sont déposées dans un même répertoire, le nommage de chaque image est signifiant : c’est l’ordre alphanumérique des images qui détermine l’ordre d’affichage final. On préférera donc des noms d’images standardisés du type [RCR]_[cote-ou-identifiant]_0007.jpg, plutôt que "7.jpg", qui catapulterait l’image après 10.jpg ou 223.jpg dans le carrousel de la visionneuse. Un tel système permet de constituer une forme très relative et amendable de citabilité de chaque image :
tandis que le lot d’images correspondant à la cote "1111" de la BLJD correspond à l’adresse :
http://www.calames.abes.fr/plus/num/Calames-201148942213632
,
la 7e image déposée et consultable correspondra à l’adresse :
http://www.calames.abes.fr/plus/num/Calames-201148942213632
#7
JMF 12/06/12
(à suivre)
