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Mardi 27 mai 2014, en salle Hugot de l’Institut de France, s’est tenu un événement inédit à l’échelle du réseau des établissements participant au Catalogue des archives et manuscrits de l’Enseignement supérieur : ce sont un peu plus de 80 membres du réseau, invités, intervenants, qui ont répondu à l’appel de la journée du réseau Calames [programme].

La journée répondait à plusieurs objectifs :

– présenter un document préparatoire de « bilan prospectif » de Calames et permettre à tous de s’en approprier. Partant du constat d’une actualité chargée en matière d’EAD et de production des métadonnées (hypothèse d’un dispositif national de catalogage en XML envisagée avec la BnF, arrivée prochaine d’un schéma XML qui pose bien des questions, développements « Calames Plus » en question, orientations de l’ABES liées au futur SGB mutualisé) l’élaboration de ce document a été décidée par le Groupe de travail Calames en février et son ébauche a été adressée au réseau dès le 25 avril. Les suites de la journée du 27 mai permettront de dresser un état définitif de ce document, que l’ABES publiera en ligne.

– proposer un cadre d’échanges directs et prendre du recul sur un existant de plusieurs années. Que plus des deux tiers des correspondants Calames puissent être réunis dans un même lieu ne s’était jamais produit : les journées ABES elles-mêmes n’ont jamais permis un tel rassemblement, à même de recueillir la parole d’un réseau (très) majoritairement francilien.

– nourrir la réflexion sur l’avenir de Calames, en donnant des éclairages sur d’autres contextes de production en XML/EAD en France. Intervenants et invités ont presque tous pu répondre positivement à l’invitation de l’ABES et du GT Calames : qu’ils en soient ici de nouveau vivement remerciés, car leur participation a été garante d’importantes et nécessaires mises en perspective.

Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine, qui s’est particulièrement impliquée dans l’organisation de cette journée, l’a inaugurée en rappelant la nécessité d’aborder conjointement signalement et diffusion. Principal établissement utilisateur de Calames Plus images à ce jour, la Bibliothèque Mazarine envisage de recourir à d’autres solutions de bibliothèques numériques, et regrette que Calames Images n’ait pris ni son essor, ni la direction d’une véritable réponse aux enjeux actuels des numérisations patrimoniales. Jérôme Kalfon, directeur de l’ABES, a ensuite introduit la présentation de l’étude collective sur les outils et le réseau Calames que votre serviteur a proposée et a rendue disponible sur Slideshare :

 

L’accent a été mis sur différents éléments de bilan :

–          le développement en interne entre 2006 et 2008 d’une application dont les deux volets (production et publication) sont accessibles en ligne, choix qui reste à ce jour largement original. L’interface publique reste une vitrine de qualité, tandis que l’outil de production pose différents problèmes d’installation, de lenteurs, de bugs dont souffrent de manière inégale les catalogueurs du réseau

–          la réussite de l’initiative Calames tient largement à la synergie qui a pu être établie, dès l’origine, entre un groupe d’établissements moteurs et d’experts en leurs seins d’une part, et d’autre part les équipes de l’ABES, dont les forces sont limitées : env. 3 ETP consacrés à tous les aspects de l’application (qui ont donc un besoin crucial de l’implication du réseau)

–          près d’un demi-million de composants <c> publiés à ce jour, contre un peu moins de 150.000 publiés à l’origine (déc. 2007), avec un fort accroissement des données disponibles en 2012-2013. L’hétérogénéité du réseau Calames peut être résumée par ce seul fait : les 2/3 des données de Calames produites en cinq ans (plus de 440.000 <c>) l’ont été par cinq établissements très actifs (Muséum, Institut de France, Académie de Médecine, BDIC, Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet). Le soutien financier aux rétroconversions (mission transférée du MESR à l’ABES depuis 2010), dont 21 établissements ont déjà pu bénéficier entre 2009 et 2014, est directement à l’origine de 1/4 à 1/3 de l’activité de catalogage

–          des statistiques de consultation qui ont marqué le pas au printemps 2010 : alors que Google sur-référençait Calames en 2009, l’effet d’aubaine des premiers temps a cédé le pas à un sous-référencement certain. Depuis cette époque, et malgré des discordances partielles entre l’analyse des logs ABES et les rapports de l’outil Google Analytics, on estime à 8000 à 12000 la quantité de visites mensuelles sur l’interface Calames

–          depuis juin 2012 et la mise en service de Calames Plus (service complémentaire né de l’abandon du projet de portail national des manuscrits), les fonctionnalités de commentaires n’ont quasiment pas été utilisées. Quant au volet images, trois bibliothèques ont à ce jour confié un total de 46 Go de fichiers jpeg (notamment déposés par la Bibliothèque Mazarine) et plusieurs établissements ont manifesté leur intérêt, pour des projets de dépôt d’une ampleur très variable.

Patrick Latour, directeur adjoint et correspondant Calames de la Bibliothèque Mazarine, a illustré la problématique de l’intégration de Calames au sein d’une chaîne de production numérique patrimoniale, en présentant quatre des projets de valorisation et de recherche en cours à la Bibliothèque Mazarine. Tandis que Calames s’est vu renforcé dans sa position de pivot (production des métadonnées descriptives de référence, signalement permettant d’orienter vers les différentes documents et initiatives en lien avec les documents), certains besoins actuels et émergents mettent en lumière les insuffisances d’un produit Calames pourtant conçu dans un souci de modularité et d’évolutivité : l’encodage TEI du registre de la Société des Amis des Noirs (également projeté pour l’ édition électronique de manuscrits philosophiques clandestins ) n’est pas fongible dans Calames Plus en l’état ; et le signalement du fonds photographique Demangeon et des estampages d’inscriptions latines ne serait vraiment complet qu’avec une possibilité de géolocalisation.

Matthieu Bonicel (BnF) et Régis Robineau (Pool Biblissima) ont clos la matinée en présentant la mise en interopérabilité (sémantique, syntaxique et technologique) de plus d’une cinquantaine de base de données, catalogues et bibliothèques numériques dans le cadre de l’équipement d’excellence Biblissima.

[Voir cette présentation sur Prezi]

Cette mise en dialogue de données hétérogènes et/ou à venir, qui doit aboutir en 2017 par la mise à disposition d’un outil de recherche fédérée, passe par la construction d’une ontologie (compatible avec CIDOC-CRM) modélisant l’histoire de la transmission des textes et des collections. En s’appuyant notamment sur le modèle de données Shared Canvas (conçu pour traiter les fac-similés numériques autour de la notion d’annotations : images, transcriptions, notices… exprimées et structurées au sein de fichiers de référence ou « manifestes ») et sur le protocole d’échange IIIF (International Image Interoperability Framework, syntaxe commune à l’usage des visionneuses de documents numériques), les réalisations en cours dans le cadre de l’Equipex (visualiseur Mirador) permettent aussi de penser l’interopérabilité de bibliothèques numériques en profondeur, portant sur les images elles-mêmes et non plus seulement sur des métadonnées descriptives. En vue de tracer un horizon à d’éventuelles évolutions de Calames Images, et pour progresser sur la voie d’une ouverture sans appauvrissement des données EAD (la solution la plus aboutie actuellement étant celle du moissonnage des données de Calames à l’aide des web services natifs de Calames), les recherches et développements menées par les équipes Biblissima fournissent des exemples très nourrissants. Parmi les développements en cours autour de la boîte à outils Biblissima, l’attention s’est plus particulièrement portée sur les outils d’encodage en XML : en disposant des sources du logiciel XXE (société Pixware), produit reconnu pour sa stabilité, et en poursuivant pour TEI et EAD les développements réalisés depuis plusieurs années à la MRSH Caen, les partenaires consortiaux de l’Equipex se doteront prochainement de nouveaux environnements de production de données. XXE présente également l’avantage de s’installer de trois façons distinctes (client lourd, client web, version intermédiaire). Les partenaires qui relèvent de l’INSHS bénéficiant du serveur de licences oXygen d’HumaNum, Les développements réalisés pour XXE devraient être menés de manière à bénéficier également aux utilisateurs d’oXygen. A cet égard, Stéphane Pouyllau est revenu dans l’après-midi sur le choix qui a été progressivement fait, par le TGE Adonis puis par la TGIR HumaNum, d’encourager les chercheurs en SHS à se fabriquer leur propre outillage XML, plutôt que de bâtir des formulaires de saisie : une quarantaine de laboratoires français mettent ainsi actuellement à profit une soixantaine de jetons de licences et une liste de diffusion a été créée pour favoriser les échanges autour de la pratique d’oXygen.

 

La table ronde de l’après-midi, modérée par Fabienne Queyroux, responsable du service du patrimoine à la Bibliothèque de l’INHA et membre du Groupe de travail Calames, a permis de donner un aperçu synthétique sur la production de données XML (EAD) en réseau et/ou dans des contextes voisins de Calames.

* Jérôme Sirdey, conservateur à la BM Lyon et ancien responsable du CCFr-Manuscrits, a présenté le point de vue des établissements relevant du ministère de la Culture. Depuis 2008, le CGM en ligne (hors données Calames) s’est accru de 55 nouvelles instances (soit environ 30000 <c> issus notamment des BM Lyon, Dijon, de la BHVP, du Sénat…) et de plus de 8000 liens vers des documents numérisés (BVMM notamment), pour atteindre plus de 536.000 composants publiés (relatifs aux fonds de 471 institutions de conservation, répartis dans env. 800 fichiers EAD). L’équipe CCFr propose à des institutions très diverses un ensemble de services de soutien technique (formations, contributions directes à l’encodage, à l’enrichissement et aux conversions de données…), mais le travail de mise à jour des inventaires n’a jusqu’alors pas bénéficié d’un outil de catalogage adossé à la base de données CGM, comme c’est le cas de Calames. Dans les exemples les plus avancés, à l’instar de la BM Lyon, plusieurs professionnels formés à l’EAD ont pu, à l’aide d’XMetal puis oXygen, encoder des suppléments au CGM ; les données sont publiées et interrogeables à la fois dans le CCFr et via une interface Pleade et un module de recherche spécifique sur site de la BML. L’intervention s’est conclue par un plaidoyer en faveur d’un outil de catalogage adossé au CGM, et plus largement, en faveur d’un dispositif de production national en EAD.

* La multiplication des initiatives en laboratoires et l’importance d’une mise en interopérabilité et d’un accès unifié à une masse de données très hétérogènes en SHS (via Isidore) ont constitué le fil directeur de Stéphane Pouyllau, directeur adjoint de la TGIR HumaNum. Signaler est insuffisant, l’âge des plateformes et des « aventures bibliographiques » en laboratoires est pratiquement révolu, et les professionnels de la documentation sont amenés à se tourner vers la gestion des données de la recherche. La logique de corpus n’en reste pas moins pertinente pour rationaliser l’accès et donner forme à des services numériques attachés aux données (cf. les 9 consortiums HumaNum, dont certains comme MASA et Archives des ethnologues commencent par ailleurs à être largement représentés dans le réseau Calames). L’EAD occupe une place centrale dans cette sortie de la logique du silo isolé et de la base de données relationnelles classique, bien que cela ait parfois entraîné des détournements d’usage de cette DTD (la possibilité d’une diffusion quasi immédiate et d’une éditorialisation relativement simple via Pleade ayant contribué à ce succès). Reste que le travail de modélisation des connaissances par l’encodage en TEI ou en EAD reste marginal dans les travaux de recherche, et qu’une véritable mise en commun de compétences scientifiques reste à élaborer autour de la conception et de la réutilisation des métadonnées.

* Vincent Boulet, responsable de BnF Archives et Manuscrits, a présenté le contexte et les conclusions d’une étude menée, courant 2013, sur l’avenir de l’EAD au sein de la BnF. C’est pour un usage semi-expérimental et « réservé » au département des Manuscrits principalement que les outils de catalogage (PIXML) et plus encore de publication (BAM, recourant jusqu’en 2014 au logiciel Pleade) ont été mis en place, or l’EAD s’est depuis très largement étendu dans les pratiques de signalement de la BnF (types de documents non manuscrits), au point que l’établissement compte aujourd’hui plus de 750.000 composants publiés. [On constatera au passage que les masses de données en jeu dans chacun des pôles du triptyque CGM – BAM – Calames sont comparables.] La priorité a été donnée à la mise en place d’une nouvelle solution de publication, puis dans un second temps, à une réflexion à mener sur l’outil d’encodage. PIXML, rappelons-le, présente un certain nombre de points communs avec l’outil Calames (plugin XMAX version 5, volet d’accès aux fichiers EAD, attribution automatique d’identifiants), mais aussi des différences (adossement plus indirect à une base de données Oracle et disjonction entre production et publication, fonctionnalités spécifiques développées pour la gestion du circuit des numérisations Gallica, pas de notion d’arborescence comme dans Calames mais organisation de l’accès aux inventaires par le « cadre de classement » Pleade) qui seront analysées plus en détails dans le cadre de la réflexion, naissante, sur un dispositif national d’édition en XML (EAD et TEI à tout le moins). L’EAD peut-il, doit-il servir à décrire tout document ou ensemble qui n’entrent pas dans une démarche éditoriale (lâchesse d’usage qui a entraîné les réappropriations soulignées par Stéphane Pouyllau) ? Et/ou qui appellent une description à niveaux ou contextuelle ? Comment articuler véritablement les deux points de vue sur un même manuscrit que sont sa description générique (en EAD), la description de sa reliure (en TEI, dans une base BnF plus spécifique), la description de son contexte de production (en EAC, schéma dont l’emploi n’est pas encore entré dans les pratiques des bibliothèques françaises, malgré les inadéquations des formats Marc à cet égard) ? Autant de questions qui entrent en résonance avec les besoins du CCFr et avec le bilan prospectif de Calames.

* Charlotte Maday, présidente de la section Aurore de l’AAF et correspondante Calames de l’université Paris Diderot, est revenue sur les enjeux qui intéressent plus spécifiquement les archivistes des établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche. La nouvelle loi relative aux patrimoines culturels introduit dans la législation la responsabilité de l’archiviste en matière, non seulement de documents, mais aussi de données produites et/ou reçues dans le cadre de l’activité de personnes ou organismes publics. Ce périmètre en extension va directement toucher les activités des (jeunes) services d’archives des établissements d’ESR (37 universités s’en sont dotées à ce jour, ainsi que 17 académies sur 26, depuis moins de cinq ans pour la plupart). Faut-il signaler d’abord, pour faire la promotion d’archives librement communicables, avant même d’avoir complètement classé et traité les fonds (cela rend pour partie compte de la modeste contribution à Calames des services d’archives jusqu’alors déployés) ? Dans quelle mesure Calames peut-il concourir au cycle de vie de toutes les données archivistiques (scientifiques, pédagogiques, administratives) ? Les questions posées ensuite par l’assemblée sur la possibilité de développer Calames comme outil de gestion interne (suivi de la vie des documents et problème de la gestion de l’attribut @audience= »internal », liens vers des modules de communication à l’instar de ce qui existe pour la BDIC…) montrent que la problématique intéresse aussi pour partie les bibliothèques et services muséaux. Tandis que certains services (une minorité) bénéficie de systèmes informatiques comprenant des outils de générations d’instruments de recherche en EAD, le besoin d’un point d’entrée unique et d’un état des fonds de l’ESR reste effectif pour le réseau Aurore, et Calames une réponse potentielle à la multiplicité des lieux de dépôts d’archives – du moins, s’il est possible d’y comprendre les données des archives définitives (services d’archives nationales ou départementales).

 

Trois dossiers centraux pour l’avenir de Calames (outil d’encodage en XML, interopérabilité et ouverture des données, gestion des numérisations) ont été mis en évidence et discutés en fin de journée.

Partant du constat d’une convergence de besoins à la BnF, dans les établissements CGM, et dans le réseau Calames qui a souligné certains des handicaps de son outil d’encodage, en parallèle des développements qu’engagent les équipes Biblissima, l’hypothèse d’un dispositif national d’édition en XML ouvert et « agnostique » (ne se cantonnant pas à l’EAD des bonnes pratiques françaises, qui n’a pas vocation à « tout faire » dès lors qu’il s’agit d’accompagner des projets de recherche) sera examinée à l’automne 2014. L’enjeu sous-jacent est de disposer d’outils ouverts en entrée comme en sortie, et capables de contrôler une variété de pratiques professionnelles et scientifiques (on pense notamment à l’indexation, jusqu’alors peu répartie et/ou bien souvent cloisonnée).

C’est certainement la question des numérisations, formes devenues incontournable des descriptions de documents patrimoniaux, ainsi que l’avenir de Calames Plus Images qui ont suscité le plus de réactions dans l’assemblée. L’éventail reste large entre les établissements qui disposent d’une bibliothèque numérique stable et ceux se déclarant intéressés par une solution collective adossée au catalogue Calames. Faut-il, et jusqu’où, redéfinir la notion de « solution d’appoint », tout en s’inscrivant mieux dans l’écosystème national de la numérisation (Gallica, BSN 5…), et en évitant l’écueil chimérique d’un portail documentaire complet ? L’ABES ne pourra – au mieux – s’engager sur une voie intermédiaire satisfaisante qu’avec le soutien actif d’établissements dont elle tire sa légitimité.

Les partenariats à nouer autour de ces dossiers clés devraient trouver, à partir de l’automne, un cadre de mise en cohérence privilégié dans le dispositif CollEx, futur pendant de BSN pour les collections physiques et patrimoniales.

[JMF 06/06/2014]

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(Suite du billet du 12/06/2012, consacré aux fonctionnalités du service Calames Images).

Des deux versants de Calames Plus, les commentaires occupent en quelque sorte l’ubac. A divers titres : ce n’est pas à ces fonctionnalités que la majeure partie du temps de développement a été consacrée, loin s’en faut ; et ce n’est pas cet aspect du projet qui a soulevé le plus d’enthousiasme parmi les experts du réseau.

L’objectif fondateur de ce service est de (commencer à) donner une dimension collaborative l’ouverture des données – l’un des grands axes de la politique de l’ABES. Le volet « commentaires » de Calames Plus répond plus spécifiquement à une volonté de susciter la participation des différents publics du patrimoine en bibliothèques en matière de description et d’accès aux fonds et collections d’archives et de manuscrits. Il est tout particulièrement vrai dans ce domaine que « les catalogues se doivent de rester au diapason des travaux d’identification et d’étude des documents patrimoniaux » (voir le compte rendu de l’atelier Patrimoine tenu à l’ABES le 16 mai 2011).

Peu de catalogues en ligne ont jusqu’alors tenté une expérience comparable – si l’on peut citer quelques cas approchants, comme les comptes Worldcat (d’abord destinés aux professionnels des bibliothèques), ou plus récemment le site des instruments de recherche des B.U. de Princeton, il est certain que l’on manque de recul à ce sujet. Ce genre d’audaces adventices n’est souvent pas jugé prioritaire. Aussi le volet Commentaires est-il plus particulièrement visé par le caractère « probatoire » des premiers mois de mise en production qui courront jusqu’au printemps 2013. Cette évaluation est l’affaire de tout le réseau et sera sanctionnée lors du comité de suivi annuel de l’application Calames.

Princeton University Library Finding Aids (exemple)

L’exemple du nouveau site de publication des inventaires de Princeton, mis en production cet été. En plus d’un feedback mettant en relation avec les responsables du site, les fonctionnalités d’annotations font usage de l’outil IntenseDebate, système de gestion des commentaires à l’usage des blogs et sites web.

Les objections et obstacles à la mise en place de Calames Plus Commentaires ont été (et dans certains cas demeurent) de plusieurs ordres :

* du point de vue juridique. Parmi les craintes que la mise en place du volet a pu susciter au sein du réseau, l’une d’entre elles a trait aux risques d’usurpation d’identité, et plus secondairement, à différents types d’usages impertinents. Aussi le service se devait-il de se doter d’un double cadre (droits et devoirs) :
– l’acte réglementaire de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) en date du 8 novembre 2010 définit les modalités de fonctionnement du service relativement aux données à caractère personnel sur lesquelles s’applique le droit d’accès et de rectification : données d’identification (nom, prénom) et vie professionnelle (domaine de recherche, équipe et établissement d’appartenance)
– toute création d’un compte Calames par un internaute suppose d’accepter une charte d’utilisation du service, validée par le comité de suivi Calames 2011. Le texte de ces conditions d’utilisation est accessible depuis chaque boîtier de commentaires. Assumant l’initiative du projet, l’ABES s’est engagée à effectuer le suivi global des annotations effectuées sous les notices de Calames durant l’année d’évaluation, à avertir le cas échéant les établissements concernés, et/ou à supprimer des commentaires en contradiction avec les objectifs du service.

* du point de vue technique. Calames Plus, en regroupant deux services (images et commentaires) envisageables indépendamment l’un de l’autre, est pour ainsi dire né sous les auspices de Janus. Le pari de l’autonomie est un des principes fondateurs de Calames. La volonté de l’ABES de donner à différents types de publics les moyens de contribuer à l’édifice commun s’est traduite dans l’architecture technique du projet. L’existence du pivot que représentent les comptes à accès authentifiés justifie (seule) une conception sous forme de unique. Ce dénominateur mis à part, le volet « commentaires » dispose de ses propres fonctionnalités, tout aussi simples que celles de Calames Images : aux modifications et suppressions de commentaires par leurs auteurs, s’ajoute la possibilité de suivre par fils RSS les commentaires effectués à quelque niveau descriptif que ce soit (notice, groupe de notices, établissement, base Calames dans son entier). Les établissements membres du réseau peuvent par ailleurs librement créer un compte institutionnel pour répondre à des commentaires, compte qui peut être augmenté si l’établissement souhaite déposer des images.
Le cahier des charges techniques initial n’a pu être entièrement rempli à ce jour : il a ainsi  fallu renoncer (temporairement ?) à une possibilité d’authentification simplifiée via Renater, la fédération d’identité des universités françaises. Le recours à Shibboleth permet(trait) aux communautés de recherche et d’enseignement supérieur, qui constituent sans ambiguïté le principal public-cible d’un tel service, d’éviter de la création d’un énième compte à gérer.

* du point de vue des usages. Quelle plus-value peut-on attendre de commentaires déposés sans circuit de validation ? Les risques de mésusages ou de sous-emploi sont réels (p.ex., des messages « perdus » voués à être réorientés vers le bouton « contacter la bibliothèque » ou vers le guichet d’assistance de l’ABES). A contrario, soulignons aussi qu’il est peu probable que cela entraîne un surcroît de travail pour les établissements, et que dans un univers d’infobésité l’internaute utilisant l’interface publique de Calames a le droit d’être davantage assimilé à un associé potentiel qu’au « tout-venant ». Devant la gêne que peuvent ressentir certains utilisateurs à voir juxtaposés deux niveaux d’informations bien différents, l’un (les métadonnées structurées d’instruments de recherche publics) n’ayant pas nécessairement vocation à la même pérennité et au même traitement que l’autre (des annotations composées librement), il faut rappeler que le distingo est clairement établi :
– dans l’ergonomie de l’interface Calames : les commentaires sont par défaut masqués, les consulter doit donc faire l’objet d’un clic (si ce n’est d’une démarche) supplémentaire ;
– dans l’exploitation des données : les annotations, contrairement aux notices elles-mêmes, ne sont ni indexées dans la base, ni moissonnées par les moteurs de recherche généralistes.

Les entreprises de signalement demeurent généralement dans la pénombre des sciences (humaines) en train de se faire. L’insertion de Calames au sein des outils et pratiques de l’ESR ne peut simplement passer par une solution d’appoint ad hoc : pour en faire le maillon qu’il peut et/ou doit être sur les terrains de la valorisation, de la numérisation, de l’exploitation des sources, des humanités digitales…, il est légitime d’explorer (et il nous faudra probablement trouver) d’autres voies collaboratives, au-delà de cette première perche tendue vers la toile.

JMF 24/09/2012

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L’ABES recrute par voie de mutation un conservateur des bibliothèques pour occuper la fonction de responsable fonctionnel de Calames.

Capitol theatre, Sydney c. 1930s / by Sam Hood

Capitol theatre, Sydney c. 1930s / by Sam Hood

Calames étant un jeune réseau, il s’agit de conduire une application nationale à taille humaine. De ce fait, ce poste présente à la fois un profil technique et un profil de gestion. Il s’agit bien sûr d’organiser la vie de l’application et de l’équipe Calames (bugs, assistance, documentation, évolutions des fonctionnalités, extension du réseau…), mais également de mettre la main à la pâte (conception et rédaction des règles de catalogage, traitements en masse sur les données…).

Ce poste suppose donc un profil polyvalent, un intérêt pour pour les manuscrits et les archives, un goût pour les normes de catalogage (EAD), une curiosité pour l’informatique documentaire (XML, Bases de données). Il exige également un sens du dialogue et de la négociation, car Calames est, depuis sa conception, étroitement associée à un groupe de travail représentant les établissements pionniers.
Pour tout renseignement, contactez le directeur de l’Agence.

MAJ du 5 février 2010 : suite à des péripéties ici tues, ce poste de responsable Calames n’a pas été pourvu en janvier 2010. Il sera donc proposé à nouveau à la CAP Conservateurs de printemps 2010, pour une prise de fonctions en septembre 2010.

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Le BBF (Bulletin des Bibliothèques de France) vient de faire paraître un nouveau numéro sur le patrimoine. Au sommaire, entre autres articles, un papier sur Calames par l’auteur de ce post.

Le papier en question s’intitule « Calames, et après ? Un catalogue de manuscrits, quatre leçons et mille mashups« . Promis, cette fois, on vous épargne une énième présentation du catalogue et ses fonctionnalités. L’idée est plutôt de prendre un peu de recul, de méditer impatiemment (c’est possible !) sur ce qui a été fait et surtout, implicitement, sur ce qui reste à faire, pour Calames.. ou d’autres catalogues. Les diagnostics, les suggestions et les notes de bas de page n’engagent que l’auteur.

Si vous avez des remarques à faire sur l’article, pourquoi ne pas le faire ici-bas, je veux dire, dans les commentaires de ce post ?

PS : les copies d’écran rendent très mal (euphémisme). J’espère que la version papier est moins insoutenable…

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Le 7 novembre dernier, s’est tenu à la BnF (Paris) le séminaire du CERL, qui est le Consortium of European Research Libraries.

cerllogoblack-trCe fut l’occasion, une fois de plus, de présenter Calames, mais, cette fois, devant un public plus international et moins « bibliothécaire ». Un prochain billet reviendra sur cette journée. Pour l’instant, je voulais signaler la mise en ligne des diaporamas sur Slideshare. Les diapos sont en Anglais et reprennent en grande partie ce que mon collègue Aurélien Charot avait présenté à San Francisco, lors du Congrès des Archivistes Américains en août 2008 (SAA 2008).

On n’y verra rien de bien neuf, si ce n’est deux deux copies d’écran qui évoquent les deux chantiers actuels de l’équipe Calames :

  • la possibilité pour le lecteur authentifié de déposer des annotations et la possibilité pour n’importe qui de suivre les annotations des autres (via un fil RSS) ;
  • la visualisation des manuscrits numérisés sur le site Calames, quand les documents ne sont pas accessibles ailleurs.

A noter que ces copies d’écran ne montrent pas ces fonctionnalités dans leur état final, notamment du point de vue graphique. Nous reviendrons, dans de prochains posts, sur chacun de ces développements.

J’en profite pour corriger un oubli en indiquant une autre présentation de Calames, effectuée par Max Naudi de la Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique (Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche – DGES). Max fait partie du groupe de travail qui a imaginé Calames avec l’ABES. C’est l’occasion de le remercier pour son importante contribution à ces travaux de groupe et pour ses diaporamas présentés lors des onzièmes journées des pôles associés de la BNF, en mars 2009. Mais, je rassure ceux qui auront vu dans mon hommage un adieu, Max est toujours parmi nous : lundi, on a Visio…

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Le 19 juin, à l’enssib (Villeurbanne), dans le cadre d’une formation générale à EAD pilotée par Fabienne Queyroux (Bibliothèque de l’institut de France), nous avons fait une présentation de Calames sous l’angle « données » : que faire de ces métadonnées EAD ? quelles exploitations variées peut-on imaginer ? EAD n’est qu’un format. C’est un instrument de libération des données, qui doit leur permettre de se métamorphoser en interfaces et services Web multiples, qui pour beaucoup restent encore à inventer. Ce n’est pas une cage XML dont elle ne devrait pas sortir.

La dernière journée de ce stage était consacrée aux utilisations des données EAD. Au programme étaient également prévues une intervention de Florent Palluault (BnF) sur la rétroconversion du CGM et le volet Manuscrits du CCfr ; et une intervention de Florence Clavaud (Ecole nationale des Chartes) sur les divers outils pour produire ou exploiter de l’EAD.  Que du premier choix !

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Le 8 février dernier, Florence Clavaud, directrice des nouvelles technologies à l’Ecole des Chartes, nous a donné l’occasion de présenter Calames à la promotion du Master « Nouvelles technologies appliquées à l’histoire ». Les conditions offertes étaient exceptionnelles : une séance de trois heures (de quoi aller dans le détail), un public averti et attentif (malgré le stress, encore frais, des examens), le dialogue avec Florence (grande experte d’EAD et de Pléade), une exposition plein Sud… Merci à Florence pour son accueil et ses interventions, merci à la promotion (actuellement en stage, dont certains dans un établissement du réseau Calames) et aux collègues de l’Ecole des chartes qui avaient fait le déplacement !

En trois heures, on peut faire plus que de la promo. On a vraiment le loisir d’expliquer, de contextualiser, mais aussi de faire une démo complète. On a souhaité aller plus loin en disséquant in vivo l’interface de recherche et de consultation, avec Firebug pour scalpel. Firebug est un plugin Firefox qui facilite le développement Web : il permet d’analyser le code HTML, Javascript, CSS… mais surtout, en l’occurrence, de voir passer les requêtes AJAX et les données XML renvoyées par la base de données de Calames.

Hélas, le diaporama (.ppt) ne reflète ni le détail de ma présentation, ni les échanges avec Florence Clavaud, ni le spectacle (insoutenable) de la vivisection au Firebug.

Vous pouvez aussi laisser des commentaires sur cette page de SlideShare, site de partage sur lequel j’ai également déposé le diaporama.

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