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Après le Muséum national d’histoire naturelle en début d’année, c’est au tour du Musée Curie et de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine de disposer d’une interface Calames customisée (les 6e et 7e du genre). Tandis que dans le cas du Muséum, des adaptations de codes inédites avaient eu lieu, ces derniers développements ont été réalisés cet été selon les principes les plus simples : des requêtes restreintes aux données d’un seul RCR Calames, et quelques adaptations graphiques [JMF – 10/09/2013]

[M.à.j. nov. 2013] Courant novembre 2013, une 8e interface personnalisée a vu le jour, celle de la Bibliothèque Mazarine, liée comme celle de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet à une page de présentation des documents numérisés disponibles via Calames Plus.

https://i1.wp.com/www.calames.abes.fr/pub/images_curie/Logo_Mus%C3%A9e_Curie.jpg https://i0.wp.com/www.calames.abes.fr/pub/images_anm/Logo_ANM.jpg https://i1.wp.com/www.calames.abes.fr/pub/images_mazarine/Logo_Mazarine.jpg

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Tout comme celle des points d’accès (mais à la différence des langues, dates, provenances et intitulés qui suivent des règles spécifiques), l’indexation des « Documents numérisés associés » mise en production fin mai 2013 dans Calames obéit à des règles d’héritage strictes (exemple : documents numérisés relatifs à « André Breton »). Tout composant, tout niveau descriptif où figurent les éléments <dao> (Objet archivistique numérique) ou <daogrp> (Groupe d’objets archivistiques numériques) porte l(es) entité(s) qu’il décrit au rang des documents reproduits sous forme numérique. Si ce niveau comporte des enfants, petits-enfants…, alors cette descendance est censée bénéficier du même statut de « document numérisé ».

Le corollaire de cet héritage orthodoxe est une clause de complétude : dès lors qu’un composant marqué par un <dao> ou un <daogrp> présente une descendance, le document « parent » est en principe réputé intégralement numérisé. Cette clause peut être assouplie dans le cas des composants « feuilles » (i.e. sans descendance) : si l’on peut tolérer de voir la description d’un manuscrit enluminé complétée par un <daogrp> recensant les liens vers ces seules enluminures, l’équilibre est rompu dès lors qu’on entre dans le détail des composantes intellectuelles et/ou matérielles de ce manuscrit.

Aussi, lorsqu’il s’est agi en mai dernier de signaler la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux (BVMM) dans Calames, deux cas ont-ils été distingués : les manuscrits intégralement reproduits par l’Institut de Recherche sur l’Histoire des Textes ont été signalés à l’aide d’éléments <daogrp> (exemple strasbourgeois), tandis que les reproductions partielles (de décors) ont été signalées à l’aide d’une combinaison des éléments <extref> et <extptr> (exemple génovéfain), permettant de générer des vignettes cliquables sortant du cadre strictement défini pour les signalement des <dao> & <daogrp>.

Les nombreuses nuances possibles dans l’usage de <dao> ou <daogrp> (signaler une numérisation sous forme de rebond par défaut ) , de liste de liens ou sous forme de vignette cliquable ; avec ou sans modification des rebonds hypertextuels ; avec ou sans informations complémentaires en <daodesc>…) n’ont d’importance que dans l’affichage des notices : au point de vue de l’indexation, l’ensemble de ces variantes est considéré uniformément et sans distinction. Ce traitement égalitaire se double d’un champ d’exclusion des usages déviants : un <dao> dont l’attribut HREF ne serait pas renseigné (ce qui serait absurde et contreviendrait au principe même de cette balise) ne sera pas pris en compte par le processus d’indexation. Non plus qu’un élément <daogrp> qui ne contiendrait pas au moins un élément <daoloc role= »rebond » href= »[URL] »>. En-dehors des oublis de renseignement de rôles de <daoloc>, cette disposition permet d’ignorer les cas où l’on fait uniquement mention de « vignettes », c’est-à-dire d’adresses d’images (cas soumis par la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, où il est fait emploi d’un encodage ignoré par Calames mais exploitable en interne, dans une base Pleade, sous forme de carrousels d’images non libres de droits).

Inversement, on peut imaginer une « ruse d’encodage » qui permette d’indexer les documents numérisés associés à un composant sans en modifier l’affichage détaillé :

<daogrp><daoloc linktype= »locator » role= »vignette » /><daoloc linktype= »locator » href= »INDEXATION DAO SANS AFFICHAGE » title= »INDEXATION DAO SANS AFFICHAGE » role= »rebond » /></daogrp>

Prenons l’exemple d’un ensemble numérisé dont toutes les unités (sous-composants enfants) disposent d’une adresse propre vers leurs substituts, mais pour lequel aucun lien de regroupement n’existe : aucun rebond pertinent ne peut donc être imaginé au niveau parent. L’insertion d’un élément <daogrp> tel que formulé ci-dessus aura alors pour vertu d’indexer plus qu’une fratrie, mais l’ensemble des niveaux pertinents dans l’inventaire : les résultats de recherche, après infanticide si nécessaire, en seront plus satisfaisants.

Nul besoin d’une telle « ruse » pour indexer les notices sous lesquelles un dépôt d’images dans Calames Plus a été effectué. Une table spécifique recense en effet les <c> sous lesquels une association d’images à la volée et vers les serveurs de l’ABES a été effectuée. L’alimentation de cette table n’est à ce jour pas automatisée – choix qui ne pourrait être remis en cause que face à un rythme de dépôt soutenu et régulier.

Le développement d’une facette dans les listes de résultats a semblé prématuré au vu de la part encore très faible des documents numérisés dans l’ensemble des inventaires publiés.

Pour résumer, le filtre « Documents numérisés associés » recense trois catégories de composants :

– <c> qui comportent ou héritent un élément <dao> dont l’attribut HREF est renseigné

– <c> qui comportent ou héritent un élément <daogrp> comportant au moins un élément <daoloc role= »rebond »> avec un attribut HREF renseigné

– <c> sous lesquels un dépôt d’images a été effectué via les services « Calames Plus »

JMF 09/07/2013

Quatre nouveaux index, une nouvelle facette et des modifications dans l’affichage détaillé des notices : ainsi pourrait-on résumer la phase de «Calames v.3» entrée en service ce matin.

Si ces nouveautés devaient être classées par ordre d’importance, sans doute commencerait-on par les types de documents (point d’accès <genreform type= »type de document« >, plus commodément abrégé en « TDD »). Le sentiment partagé par l’ABES, son CS et ses réseaux que Calames peut être un excellent outil pour signaler des fonds mixtes et composites (papiers de chercheurs, archives administratives, sonores, photographiques, etc.) a justifié des égards particuliers :

  • un dispositif inédit en recherche avancée, incluant l’ex-unique filtre de Calames, «Documents illustrés» [qui indexe tout <c> comportant un élément <physfacet type=illustration>… mais sans héritage en l’occurrence]. Exception dans les modes de recherche de Calames, c’est l’opérateur booléen «OU» qui régit les relations entre index publics TDD. Par opposition à la construction classique du type : «documents numérisés» ET «tel établissement», on obtient les «documents iconographiques» OU les «documents illustrés» de tout le catalogue ou répondant conjointement à un tiers critère. Le filtre lié à la valeur « ressource électronique », prêt à l’emploi, restera masqué dans l’attente d’être significativement alimenté ; ExempleRechercheTddOU
  • une nouvelle facette pour affiner les listes de résultats ;
  • un mode d’affichage détaillé distinct des autres éléments d’indexation, recourant non pas à des points d’accès en fin de notices, mais à des icônes, pour certaines reprises du Sudoc, légendées par des info-bulles, et dont l’affichage est héritable (deuxième dispositif du genre, après la mise en place des rappels de mentions de Conditions d’accès et d’utilisation). Lorsque plusieurs TDD figurent dans un même composant <c>, une icône ad hoc (verte et améliorable) permet d’éviter tout conflit à l’affichage (exemple) ;ExempleIconeTddObjet
  • lorsqu’aucun TDD n’est précisé, ni directement ni par héritage, le niveau descriptif est dans le cas de la valeur par défaut « Archives et manuscrits », valable à l’échelle de tout Calames du fait de la nature même des métadonnées EAD.

Les deux autres types de <genreform> («technique» et «genre, forme et fonction»  – abrégé en « GFF ») sont assez souvent, mais pas systématiquement des compléments ou des déclinaisons des TDD.
Contrairement aux TDD pour lesquels seules les valeurs d’attribut NORMAL comptent vraiment, tous deux font l’objet d’une indexation portant à la fois sur leurs valeurs normalisées et sur les contenus de balises, qui ont vocation à se compléter. On a ainsi tout intérêt à choisir l’encodage suivant :   Boîte contenant 24 <genreform type= »technique » normal= »photographie »>daguerréotypes </genreform>  de manière à pouvoir rechercher aussi bien le terme spécifique «daguerréotype» que  le terme générique «photographie» dans l’index des techniques. Ces valeurs qui sont interrogeables à l’aide d’un champ de recherche du type «mots clés». Un feuilletage des valeurs normalisées par liste devrait être prochainement mis en place ; bien que cela n’ait pas été jugé prioritaire, on ne peut pas exclure qu’elles bénéficient un jour de leur propre facette.ExempleTechniqueEtGff

Du point de vue des producteurs de métadonnées, la plus grande rigueur est de mise dans l’emploi de l’élément <genreform>.

  • Non seulement les attributs TYPE et NORMAL doivent être tous les deux renseignés, non seulement ces valeurs sont strictement restreintes aux listes fermées définies en groupe de travail Calames, mais ces deux valeurs doivent être en correspondance logique. A NORMAL= »image fixe » doit obligatoirement répondre TYPE= »type de document », et lorsqu’on renseigne TYPE= »technique », on n’est pas censé compléter par NORMAL= »dessin d’actualité » (qui est une valeur de GFF). Deux garde-fous pour cela : les listes fermées et à rubriques de l’outil de catalogage, et l’export visio_controle avant publication.
  • Le typage des documents présente assez souvent un caractère structurant dans les plans de classement, et l’usage est en alors facilité par l’héritage des points d’accès : il peut ainsi suffire de marquer d’un seul TDD «image fixe» l’ensemble intitulé «Portraits», ou d’un seul GFF «correspondance» l’ensemble intitulé «Lettres reçues». Mais il faut garder à l’esprit qu’un point d’accès <genreform> est censé irriguer l’intégralité des documents faisant l’objet d’un composant. Dans l’exemple suivant :   <scopecontent><p>Cet ensemble comprend notamment de nombreux fragments de texte imprimé (coupures de presse).</p></scopecontent> , résistons à la tentation d’indexer «texte imprimé» (TDD) et «coupures de presse» (GFF) sauf (éventuellement) en l’absence de sous-composants, puisqu’une telle description suppose que d’autres types et natures de documents peuplent l’ensemble en question.
  • Un composant <c> peut comporter plusieurs TDD (ensembles ou composants dits « mixtes »), mais ne doit en principe hériter que d’un seul et unique TDD. Cette remarque vaut également pour les deux autres types de <genreform>, bien que le cas d’un <c> parent indexé à la fois pour ses photographies et ses dessins ne soit pas tout à fait inimaginable. En toute logique, un composant « mixte », contenant par exemple à la fois un TDD « objet » et un TDD «image fixe», répond à l’un comme à l’autre des champs de recherche correspondants. Un mot au sujet du TDD «texte manuscrit» : cette valeur, qui est une déclinaison et un sous-ensemble de la valeur par défaut «archives et manuscrits», n’a d’utilité que dans le seul cas des composants dits «mixtes». Sa vocation est uniquement de signaler que tel <c> comporte à la fois des photographies et des imprimés mais aussi des documents manuscrits ; a contrario, dans un <c> mixte, si «texte manuscrit» n’est pas renseigné, c’est qu’on n’est censé y trouver aucun document de type manuscrit. [Un (ensemble de) <c> ayant pour unique TDD « texte manuscrit » sera en somme totalement ignoré de Calames : cela ne nuira pas, peut-être cela sera-t-il jugé plus clair dans certains contextes de catalogage, mais cela n’aura aucun effet dans l’interface publique].

Quant à l’index des documents numérisés (éléments <dao> et <daogrp>), un billet spécifique lui sera prochainement consacré sur ce blog.

(A suivre. JMF 28/05/2013)

Depuis l’origine de l’outil de catalogage de Calames en 2008, se pose la question de la réexploitation des données EAD hors de cet environnement : un dilemme peut se poser entre d’une part la conservation d’un format EAD autorisant à la fois finesse et souplesse dans les descriptions, mais aussi complexe et parfois inutilisable dans tel ou tel contexte, et d’autre part la transformation des inventaires en données plus « oecuméniques » (Dublin Core, Unimarc), au risque d’un appauvrissement plus ou moins préoccupant des héritages et contextualisations d’origine. Ces questions ont fait l’objet en novembre dernier d’un « j.e.cours », disponible  sur la plateforme d’autoformation de l’ABES.

Pour les établissements qui sont dans le 1er cas, le caractère monolithique de l’export « Natif » pouvait représenter une forme de contrainte. L’export d’un fichier EAD contenant des milliers de composants n’est pas la solution la plus commode lorsqu’on souhaite, par exemple, n’exporter que tels composants répondant à tels critères, réutiliser tout ou partie de tel inventaire pour en faire la base d’une nouvelle instance, etc.

L’export Natif de l’outil de catalogage fournissait déjà l’intégralité des données EAD de tel fichier (sans déclaration XML cependant, mais le cas échéant il n’est pas compliqué de l’ajouter). Viennent s’y ajouter depuis quelques jours trois déclinaisons, dont les deux premières impliquent de faire usage du filtre XPath de l’utilitaire d’export. Pour mémoire, XPath est le langage qui permet de localiser, à l’intérieur d’un document XML, un ou plusieurs fragments de ce document. Attention, notez tout de suite une bizarrerie (incorrigible) de cet outil : les double quotes (« ) qui figurent dans les expressions XPath doivent y être remplacées par deux simples quotes ( »), sans quoi la syntaxe n’est pas reconnue.

FiltreXpath

– L’export Natif-C permet d’exporter uniquement tel(s) fragment(s) localisé(s) à l’aide du filtre. Par exemple, avec l’XPath //dsc/c[3], j’obtiendrai un fichier ne comportant plus que les données du 3e composant enfant de <dsc> (dont les sous-composants descendants, s’il y en a). Un Xpath tel quel //c[did/unitid/@type= »cote »] aura pour vertu, ou pour inconvénient c’est selon, de fournir tous les composants répondant à ce critère (le fichier ne sera pas valide et son extension conseillée serait alors plutôt .txt). Un composant de type « cote » qui aurait pour parent un autre composant de type « cote » figurera donc deux fois dans le fichier résultat… ce que rectifierait un Xpath tel que //c[did/unitid/@type= »cote »][not(ancestor::c[did/unitid[@type= »cote »]])].

– L’export Natif-Filtre remplit le même office, mais en conservant les parties hautes du fichier EAD cible. Avec l’export précédent Natif-C, bien que l’utilité n’en soit pas évidente, on pouvait à la rigueur imaginer d’exporter uniquement l’en-tête d’un fichier (avec l’XPath //eadheader) : rien de tel avec Natif-Filtre, qui nous assure de conserver des métadonnées EAD bien formées et valides.  Avec l’XPath //dsc/c[3], Natif-Filtre génère un nouveau document EAD dont sont éliminés tous les composants qui ne sont pas enfants du fragment ciblé. Là encore, attention aux expressions ambiguës : pour éviter les répétitions de données dans le fichier résultat, il conviendra d’employer un chemin Xpath précis.

– Quant à Kill-Id, ce programme de transformation est générique : le filtre Xpath n’est ici d’aucune importance. Kill-Id permet d’exporter l’ensemble des données encodées d’un fichier EAD à l’exception des identifiants des composants (c/@id). Si l’on souhaite par exemple s’inspirer intégralement des données d’un fichier déjà encodé, et plutôt que de partir d’un fichier « modèle » réduit à l’essentiel, un export Kill-Id suivi de la création d’un « nouveau document EAD » aura pour effet de créer un fichier identique et pourvu automatiquement d’identifiants nouveaux et uniques. En revanche, il vaut mieux s’interroger deux fois plutôt qu’une avant d’en faire usage sur un fichier dont le test de détection de doublons est positif, en s’assurant 1° qu’il s’agit bien de doublons internes au fichier (et non pas à l’échelle de la base publique Calames), 2° que les données en question n’ont pas déjà été publiées une première fois (i.e. exposition des ID au web et risque de casser d’anciens permaliens déjà utilisés).

Ces nouveautés, rapides à mettre en œuvre, sont une conséquence des discussions ayant animé le « Parcours Patrimoine » des dernières Journées ABES (15/05/2013). D’autres pourraient fort bien être demandées ou imaginées en fonction des besoins.

JMF 24/05/2013

Dans le courant de l’hiver 2013, un certain nombre de statistiques sur Calames seront disponibles pour les professionnels via Webstats, le système de pilotage des applications de l’ABES.

Voici en attendant quelques chiffres, camemberts et diagrammes pour dresser un bilan du signalement d’archives et de manuscrits de l’Enseignement supérieur et de la Recherche durant feu l’année 2012.

Statistiques d’état :

RepartitionEtablissementCPublies2012

OrigineDonneesCalames2012

Statistiques de production dans l’outil de catalogage :

Origines des 112000 composants créés courant 2012 par le réseau Calames (dont 30000 <c> uniquement présents en base de formation) 

CatalogageCalames2012

Bilan de cinq années de publications et de catalogage dans Calames :

EvolutionCatalogageCalames2008-2012

Statistiques de consultation du catalogue :

(chiffres mensuels ; prendre avec des pincettes les pics de l’année 2008 qui sont aussi dus à l’activité de robots)

EvolutionConsultationsCalames2008-2012

L’équipe Calames vous souhaite une heureuse année 2013, aussi belle que dans un conte…

BonneAnnéeBLJD

Saga angevine

A la une du site des BU d’Angers, un historique et un état des lieux de l’entrée d’importants fonds féministes et littéraires dans Calames. A lire en trois billets :

http://bu.univ-angers.fr/billet/2012/lintegration-du-scd-dangers-au-reseau-calames-1

http://bu.univ-angers.fr/billet/2012/lintegration-du-scd-dangers-au-reseau-calames-2

http://bu.univ-angers.fr/billet/2012/lintegration-du-scd-dangers-au-reseau-calames-3

CalamesAngers1154

 

… et à suivre à l’adresse http://www.calames.abes.fr/pub/ms/FileId-1154

(Suite du billet du 12/06/2012, consacré aux fonctionnalités du service Calames Images).

Des deux versants de Calames Plus, les commentaires occupent en quelque sorte l’ubac. A divers titres : ce n’est pas à ces fonctionnalités que la majeure partie du temps de développement a été consacrée, loin s’en faut ; et ce n’est pas cet aspect du projet qui a soulevé le plus d’enthousiasme parmi les experts du réseau.

L’objectif fondateur de ce service est de (commencer à) donner une dimension collaborative l’ouverture des données – l’un des grands axes de la politique de l’ABES. Le volet « commentaires » de Calames Plus répond plus spécifiquement à une volonté de susciter la participation des différents publics du patrimoine en bibliothèques en matière de description et d’accès aux fonds et collections d’archives et de manuscrits. Il est tout particulièrement vrai dans ce domaine que « les catalogues se doivent de rester au diapason des travaux d’identification et d’étude des documents patrimoniaux » (voir le compte rendu de l’atelier Patrimoine tenu à l’ABES le 16 mai 2011).

Peu de catalogues en ligne ont jusqu’alors tenté une expérience comparable – si l’on peut citer quelques cas approchants, comme les comptes Worldcat (d’abord destinés aux professionnels des bibliothèques), ou plus récemment le site des instruments de recherche des B.U. de Princeton, il est certain que l’on manque de recul à ce sujet. Ce genre d’audaces adventices n’est souvent pas jugé prioritaire. Aussi le volet Commentaires est-il plus particulièrement visé par le caractère « probatoire » des premiers mois de mise en production qui courront jusqu’au printemps 2013. Cette évaluation est l’affaire de tout le réseau et sera sanctionnée lors du comité de suivi annuel de l’application Calames.

Princeton University Library Finding Aids (exemple)

L’exemple du nouveau site de publication des inventaires de Princeton, mis en production cet été. En plus d’un feedback mettant en relation avec les responsables du site, les fonctionnalités d’annotations font usage de l’outil IntenseDebate, système de gestion des commentaires à l’usage des blogs et sites web.

Les objections et obstacles à la mise en place de Calames Plus Commentaires ont été (et dans certains cas demeurent) de plusieurs ordres :

* du point de vue juridique. Parmi les craintes que la mise en place du volet a pu susciter au sein du réseau, l’une d’entre elles a trait aux risques d’usurpation d’identité, et plus secondairement, à différents types d’usages impertinents. Aussi le service se devait-il de se doter d’un double cadre (droits et devoirs) :
– l’acte réglementaire de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) en date du 8 novembre 2010 définit les modalités de fonctionnement du service relativement aux données à caractère personnel sur lesquelles s’applique le droit d’accès et de rectification : données d’identification (nom, prénom) et vie professionnelle (domaine de recherche, équipe et établissement d’appartenance)
– toute création d’un compte Calames par un internaute suppose d’accepter une charte d’utilisation du service, validée par le comité de suivi Calames 2011. Le texte de ces conditions d’utilisation est accessible depuis chaque boîtier de commentaires. Assumant l’initiative du projet, l’ABES s’est engagée à effectuer le suivi global des annotations effectuées sous les notices de Calames durant l’année d’évaluation, à avertir le cas échéant les établissements concernés, et/ou à supprimer des commentaires en contradiction avec les objectifs du service.

* du point de vue technique. Calames Plus, en regroupant deux services (images et commentaires) envisageables indépendamment l’un de l’autre, est pour ainsi dire né sous les auspices de Janus. Le pari de l’autonomie est un des principes fondateurs de Calames. La volonté de l’ABES de donner à différents types de publics les moyens de contribuer à l’édifice commun s’est traduite dans l’architecture technique du projet. L’existence du pivot que représentent les comptes à accès authentifiés justifie (seule) une conception sous forme de unique. Ce dénominateur mis à part, le volet « commentaires » dispose de ses propres fonctionnalités, tout aussi simples que celles de Calames Images : aux modifications et suppressions de commentaires par leurs auteurs, s’ajoute la possibilité de suivre par fils RSS les commentaires effectués à quelque niveau descriptif que ce soit (notice, groupe de notices, établissement, base Calames dans son entier). Les établissements membres du réseau peuvent par ailleurs librement créer un compte institutionnel pour répondre à des commentaires, compte qui peut être augmenté si l’établissement souhaite déposer des images.
Le cahier des charges techniques initial n’a pu être entièrement rempli à ce jour : il a ainsi  fallu renoncer (temporairement ?) à une possibilité d’authentification simplifiée via Renater, la fédération d’identité des universités françaises. Le recours à Shibboleth permet(trait) aux communautés de recherche et d’enseignement supérieur, qui constituent sans ambiguïté le principal public-cible d’un tel service, d’éviter de la création d’un énième compte à gérer.

* du point de vue des usages. Quelle plus-value peut-on attendre de commentaires déposés sans circuit de validation ? Les risques de mésusages ou de sous-emploi sont réels (p.ex., des messages « perdus » voués à être réorientés vers le bouton « contacter la bibliothèque » ou vers le guichet d’assistance de l’ABES). A contrario, soulignons aussi qu’il est peu probable que cela entraîne un surcroît de travail pour les établissements, et que dans un univers d’infobésité l’internaute utilisant l’interface publique de Calames a le droit d’être davantage assimilé à un associé potentiel qu’au « tout-venant ». Devant la gêne que peuvent ressentir certains utilisateurs à voir juxtaposés deux niveaux d’informations bien différents, l’un (les métadonnées structurées d’instruments de recherche publics) n’ayant pas nécessairement vocation à la même pérennité et au même traitement que l’autre (des annotations composées librement), il faut rappeler que le distingo est clairement établi :
– dans l’ergonomie de l’interface Calames : les commentaires sont par défaut masqués, les consulter doit donc faire l’objet d’un clic (si ce n’est d’une démarche) supplémentaire ;
– dans l’exploitation des données : les annotations, contrairement aux notices elles-mêmes, ne sont ni indexées dans la base, ni moissonnées par les moteurs de recherche généralistes.

Les entreprises de signalement demeurent généralement dans la pénombre des sciences (humaines) en train de se faire. L’insertion de Calames au sein des outils et pratiques de l’ESR ne peut simplement passer par une solution d’appoint ad hoc : pour en faire le maillon qu’il peut et/ou doit être sur les terrains de la valorisation, de la numérisation, de l’exploitation des sources, des humanités digitales…, il est légitime d’explorer (et il nous faudra probablement trouver) d’autres voies collaboratives, au-delà de cette première perche tendue vers la toile.

JMF 24/09/2012